Une enquête, un voyage sensible au cœur des pratiques culturelles des lycéens
Il est des projets qui naissent moins des impératifs scolaires que d’un élan plus profond : celui de sonder le réel, d’en révéler les plis silencieux, de faire entendre ce qui, trop souvent, demeure ignoré. Qui êtes-vous, lycéen(ne)s ? Qui sont nos élèves ?
Le projet mené avec la classe de Seconde 11, sous l’impulsion rigoureuse de leur professeure de SES, Sarah Jadoui, s’inscrit pleinement dans cette veine. À la croisée des sciences sociales et de l’exploration artistique, il trouve son origine dans une intuition fondatrice : pour faire émerger les Mémoires du Vernet, il fallait d’abord apprendre à regarder autrement, à écouter avec attention, à interroger les lycéens eux-mêmes. Quels mondes intimes façonnent leurs goûts, leurs pratiques et leurs élans ? Et quel lien, ténu ou incandescent, entretiennent-ils avec l’art, la culture, la création ?
C’est ainsi qu’est née l’idée d’une enquête sociologique conçue, portée et analysée par les élèves. S'appuyant sur deux chapitres clés du programme — la démarche scientifique en sociologie et les mécanismes de la socialisation — les élèves ont élaboré un questionnaire diffusé au sein de l’établissement. Plus de 700 réponses ont été recueillies : autant de fragments de réalité, de trajectoires individuelles, d’empreintes culturelles qu’ils s'apprêtent à décrypter à travers un travail d’analyse statistique et une restitution écrite et orale. Mais au-delà des chiffres, il y a des trajectoires qui racontent, qui bifurquent, qui portent des rêves.
Dans le cadre de ces explorations sociologiques, les élèves ont rencontré Pierre Bertrand, artiste complice du projet. Avec lui, ils ont échangé sur l’art, la création, son parcours de vie. Dans le silence concentré du FABLAB, les micros se sont allumés et Pierre Bertrand, dans une confidence dénudée de tout artifice, leur a livré ses mots :
« J’ai rêvé d’être marin. J’ai navigué sur les mers et dans ma vie en quête de nomadisme. Ce voyage, je l’ai touché avec l’art… »
Ces paroles, gravées dans la mémoire sonore de la classe, seront transformées en podcast, prolongées par une écriture en cours de français et une publication dans la presse locale. Une manière de faire résonner la parole de l’artiste avec les données de terrain, de faire dialoguer la rigueur scientifique et la force du sensible.
Merci à Sarah Jadoui et à Pierre Bertrand